Une proposition du centre spirituel COTEAUX-PAIS

Le temps du confinement a été un temps de « retrait » imprévu,  qui a chamboulé d’un seul coup toutes nos habitudes, nos activités, nos travaux et nos relations. Pour la plupart d’entre nous, nous avons été contraints à une pause. Cet espace déconcertant a peut-être été l’occasion de remises en cause ou de réflexion sur notre vie, nos engagements, nos désirs profonds. Il est bon de nous arrêter pour relire ce temps. La spiritualité ignatienne nous aide à discerner mais pour cela il s’agit d’apprendre à relire ce que nous avons vécu.

Osons nous lancer !

 

Pour commencer

  • Prévoir un moment dans mon agenda, un temps où le calme sera possible.
  • S’installer dans un endroit paisible et silencieux
  • Se mettre en présence de Dieu sous son regard bienveillant, faire silence
  • Se présenter à Lui tel que l’on est avec tout ce que nous avons vécu pendant ce confinement et lui demander la grâce de recevoir de Lui les lumières que nous ont apportées ce temps de confinement sur nous -même et sur notre vie

 

  • La première étape : un exercice spirituel de relecture
    Laisser « remonter » les choses globalement

Comment qualifierais-je de manière globale mon confinement ?

Par quels sentiments suis-je passé et lequel domine aujourd’hui – lassitude ou émerveillement, découragement ou joie, etc. ? Il y a eu des moments heureux mais aussi douloureux : repérer ces moments.
Qu’ils soient heureux où que l’on  ait souffert, soit par un échec dans une relation, soit à cause d’un deuil, d’une épreuve : on peut les présenter à Dieu.

Puis, faire  un pas de plus : prendre un crayon et noter ce qui me vient en réfléchissant

Comment ai-je vécu ces huit dernières semaines dans tous les aspects de ma vie ?

Voici quelques pistes :

  • que s’est-il passé et qu’ai-je découvert dans mon rapport à moi-même (rapport au temps, mémoire, intelligence, volonté, corps),
  • aux autres (famille, amis, proches, collègues, etc.),
  • à Dieu (dans ma prière personnelle, ma fréquentation de la Parole, mon lien avec l’Église, avec l’eucharistie, etc.),
  • au monde (travail, société, médias, écologie, etc.)

 

  • Seconde étape : Vivre un temps de prière à partir de cette relecture

 Prendre le temps de dire MERCI

« Merci » pour tous les bienfaits reçus, les belles choses vécues et qui sont autant de signes de l’œuvre de Dieu dans mon histoire.

  • Par exemple, des liens ont pu être noués, renoués ou renforcés, de nouvelles relations découvertes avec des voisins inconnus jusqu’alors, etc…
  • On a pu découvrir les médias comme des lieux d’évangélisation et l’on peut rendre grâce d’avoir pu vivre, via ces canaux, des moments intenses de prière et de communion universelle. De coté de la prière on a pu goûter davantage la Parole de Dieu, prier de manière plus intérieure, s’initier à la prière d’intercession par le biais du chapelet, creuser son désir de l’Eucharistie….
  • Ce merci s’adresse aussi aux proches (conjoint et enfants – famille – communauté – amis – voisins) qui ont été des sources de joie et de consolation, de soutien, d’émerveillement, de gratitude ; à tous ceux qui ont travaillé davantage, et aussi à ceux qui ont fait preuve de dévouement et de charité pendant la crise.

            Demander Pardon

En relisant  ce qui a été plus difficile, parfois on s’est aussi  aperçu à la relecture qu’il y a eu des « ratés ». Nous nous sommes opposés à l’Esprit d’amour – ces moments suscitent encore tristesse ou regret.

  • « Ratés » par des pensées, des paroles, des jugements hâtifs ou encore du côté de la volonté ? faisons mémoire…
  • Comment avons-nous géré nos journées ? seul, désœuvré ? a-t-on passé son temps devant les écrans en mangeant du chocolat ? a-t-on tenu confiné tout élan de créativité, tout appel vers l’autre… par peur, par paresse… ?
  • Notre sens de l’Église a été éprouvé : a-t-on essayé de le garder et de le nourrir ou, par paresse ou dépit, a-t-on tout laissé tomber ?
  • Dans notre rapport aux autres, notamment aux proches avec qui l’on a vécu confiné : avec qui et quand a-t-on cédé à l’exaspération, à la colère, à l’impatience, à l’égoïsme, à l’agacement, à la non acceptation de l’altérité ?

Après avoir reconnu devant Dieu ses limites, on peut  lui demander sa lumière pour comprendre pourquoi on s’est ainsi comporté, et nous remettre dans l’élan de sa miséricorde. Viendra ensuite le moment de demander pardon à ceux que l’on a blessés.

 

« S’il te plaît, aide-moi pour demain ! »

Les motifs d’action de grâce identifiés vont nous aider pour repartir autrement dans la vie « déconfinée », une vie nouvelle. Car pendant le confinement, Dieu a continué à labourer la terre de notre cœur. À chacun de voir ce qui a germé et sur quel point le Seigneur veut continuer à la faire fructifier. La sagesse ignacienne enseigne qu’il vaut mieux en choisir un seul pour ne pas s’éparpiller. Une seule décision, ajustée et « jouable », sera la meilleure. Cela peut paraître bien mince, mais il faut croire au tout petit geste qui peut déplacer tout le reste ! On peut demander à Dieu une grâce spéciale pour être fidèle à cet effort (s’il te plaît, aide-moi !), l’écrire pour en garder mémoire et peut-être en parler à un accompagnateur pour se faire confirmer.

 

Terminer en confiant à Dieu, nos proches et ceux pour qui cette relecture nous invite à prier, notre avenir et notre relation à lui, par un Notre-Père et un Je vous salue Marie

 

Bénédicte LAMOUREUX