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29 novembre 2020 – 1er dimanche de l’avent

Veillez, car vous ne savez pas quand vient le maître de la maison (Mc 13, 33-37)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Prenez garde, restez éveillés : car vous ne savez pas quand ce sera le moment. C’est comme un homme parti en voyage : en quittant sa maison, il a donné tout pouvoir à ses serviteurs, fixé à chacun son travail, et demandé au portier de veiller. Veillez donc, car vous ne savez pas quand vient le maître de la maison, le soir ou à minuit, au chant du coq ou le matin ; s’il arrive à l’improviste, il ne faudrait pas qu’il vous trouve endormis. Ce que je vous dis là, je le dis à tous : Veillez ! »

La Madeleine aux 2 flammes Georges de La Tour

Un mot sur l’artiste et son œuvre

Georges de La Tour, peintre lorrain du 17ème siècle (1593 – 1652). Sa peinture est réputée aller à l’essentiel : l’espace, donné à voir sans décor, sans détail, se fait porteur de signe. Le rouge, le brun, puis l’or de la flamme, sont quasi omni présents dans son œuvre. « La flamme devient emblème, litanie, leitmotiv spirituel et dramatique des ‘nuits’, invocation, incantation, principe essentiel et conducteur d’une liturgie cachée. (…) La flamme se fit dès lors source unique de lumière pour éclairer la solitude d’un être en quête de Dieu » (La Tour, une lumière dans la nuit, p.36).

Méditation à partir du tableau « La Madeleine aux 2 flammes »

***En fin de document, vous trouverez quelques indications de méthode pour la prière***

Marie Madeleine, celle que Jésus a délivrée de 7 démons, assimilée par la Tradition à la femme pécheresse. Elle suivra Jésus jusqu’au pied de la croix, le pleurera au tombeau, et sera apôtre du Christ ressuscité avant les 11 !

« Prenez garde, restez éveillés : car vous ne savez pas quand ce sera le moment. »

Je me tiens là, avec tout ce qui fait mon humanité.
Marie-Madeleine est représentée par de La Tour avec ce qui faisait sa vie d’avant sa rencontre avec Jésus, sa vie d’avant sa conversion : les bijoux posés sur la table ou tombés au sol, la richesse du tissu de sa jupe, le dénudé de son chemisier, rappellent son passé de séduction. Ces attributs restent là, à portée de main, à portée de cœur, mais ils sont sans « pouvoir » sur elle. Son esprit et son cœur se sont détournés de ces choses, car « aimantés » vers un ailleurs.

Je dépose devant le Seigneur ce qui fait ma vie : mes joies, mes peines, mes combats, et je lui dis mon désir de me tourner vers lui, résolument.
Je peux lui demander une grâce, ce que je désire pour avancer sur mon chemin avec le Seigneur.

Ses mains croisées, reposant sur le crâne, disent son renoncement aux vanités du monde, mais aussi un oui libre : pas de crispation dans son geste, mais un abandon paisible et confiant.

Je fais mémoire de ce qui me tient en éveil : ce qui donne souffle à ma persévérance ; ce qui soutient ma confiance ; ce qui affermit ma fidélité.

« C’est comme un homme parti en voyage : en quittant sa maison, il a donné tout pouvoir à ses serviteurs »

J’accueille la présence du Seigneur.
Le miroir, dans lequel Marie-Madeleine s’est sans doute longuement regardée, ne reflète plus son visage, mais la flamme d’une bougie, l’unique source de lumière du tableau. Flamme qui dit une présence à la fois forte (elle dégage chaleur et lumière) et fragile (un courant d’air peut la souffler). Ainsi le maître de maison parti en voyage en donnant tout pouvoir à ses serviteurs : sa présence est forte par la parole donnée, et fragile, car elle repose sur l’accueil qu’on lui réserve – ou non.

Que fais-je de ce que j’ai reçu ?
Comment la présence du Seigneur se manifeste-t-elle dans mon quotidien, dans mes choix, dans ma manière de vivre ?

La flamme éclaire tout le tableau. Mais les yeux de Marie-Madeleine se posent au-delà de cette source de lumière, comme si celle-ci s’était inscrite en elle et lui donnait de porter son regard plus loin. « Une source plus intérieure à elle-même » …
« Bien tard, je t’ai aimée, ô beauté si ancienne et si nouvelle. Bien tard, je t’ai aimée. Et voilà que tu étais au‐dedans et j’étais au dehors. C’est là que je te cherchais, et sur la grâce de ces choses que tu as faites, pauvre disgracié, je me ruais ! Tu étais avec moi et je n’étais pas avec toi ; elles me retenaient loin de toi, ces choses qui pourtant, si elles n’existaient pas en toi, n’existeraient pas ! Tu as appelé, tu as crié et tu as brisé ma surdité ; tu as brillé, tu as resplendi et tu as dissipé ma cécité ; tu as embaumé, j’ai respiré et haletant, j’aspire à toi ; j’ai goûté, et j’ai faim et j’ai soif ; tu m’as touché et je me suis enflammé pour ta paix. » (Saint Augustin Confessions X, 27,38.)

Accueillir le don qui m’est fait. Y reconnaître la beauté de la présence de Dieu, ferme et discrète, appelante et silencieuse, lumineuse et ordinaire…
Veiller : dans tout mon agir, garder les yeux tournés vers Celui de qui vient tout don, toute vie.

 « Vous ne savez pas quand vient le maître de la maison »

Je demeure dans la confiance.
L’atmosphère du tableau donne l’impression que le temps s’est arrêté. Les pieds, les mains de Marie-Madeleine sont posés, ancrés sur ce qui est de la terre ; son regard, illuminé par la lumière qui se dégage de la flamme, est tourné vers un horizon sans contour, sans beauté attirante… Elle n’est pas mue par l’extérieur, mais par le mouvement de son cœur, par Celui qui a établi sa demeure en elle.
Elle ne sait quand le Maître se découvrira à elle, mais elle sait qu’Il vient. Son attente est toute de paix, d’abandon confiant.

Dans cette attente, je dis au Seigneur ce qui m’habite, les mouvements de mon cœur : joie, crainte, espérance, confiance, attente… Je lui parle tout simplement.
Je peux terminer ma prière avec une prière de l’Eglise (Notre Père, Je vous salue Marie, Ame du Christ…).

La flamme éclaire tout le tableau. Mais les yeux de Marie-Madeleine se posent au-delà de cette source de lumière, comme si celle-ci s’était inscrite en elle et lui donnait de porter son regard plus loin. « Une source plus intérieure à elle-même » …
« Bien tard, je t’ai aimée, ô beauté si ancienne et si nouvelle. Bien tard, je t’ai aimée. Et voilà que tu étais au‐dedans et j’étais au dehors. C’est là que je te cherchais, et sur la grâce de ces choses que tu as faites, pauvre disgracié, je me ruais ! Tu étais avec moi et je n’étais pas avec toi ; elles me retenaient loin de toi, ces choses qui pourtant, si elles n’existaient pas en toi, n’existeraient pas ! Tu as appelé, tu as crié et tu as brisé ma surdité ; tu as brillé, tu as resplendi et tu as dissipé ma cécité ; tu as embaumé, j’ai respiré et haletant, j’aspire à toi ; j’ai goûté, et j’ai faim et j’ai soif ; tu m’as touché et je me suis enflammé pour ta paix. » (Saint Augustin Confessions X, 27,38.)

Accueillir le don qui m’est fait. Y reconnaître la beauté de la présence de Dieu, ferme et discrète, appelante et silencieuse, lumineuse et ordinaire…
Veiller : dans tout mon agir, garder les yeux tournés vers Celui de qui vient tout don, toute vie.

Deux chants pour accompagner cette méditation

Chant 1

Veillez et priez
(Dominique FAUCHARD)

Voir la vidéo

Veillez et priez dans l’attente du jour,
Veillez et priez au secret de l’amour.
Veillez et priez dans l’attente du jour,
Veillez et priez au secret de l’amour.

1 – Partez dans le silence
Aux sources des eaux claires
Et cherchez ma présence
Au feu de la lumière.

2 – Partez pour le désert
Et vivez de la nuit
Au creux de la prière
Vous trouverez le puits.

3 – Et quand il se fait tard
Partez pour un ailleurs
Demeurez à l’écart
Et priez le Seigneur.

Chant 2

Guetteur de l’aube
(Sr Marie-Pierre)

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1. Guetteur de l’aube,
À l’affût de Dieu,
Sais-tu
Qu’il guette au plus noir de toi
Une aurore ?

2. Chercheur d’eau vive,
Pèlerin de Dieu,
Sais-tu
Qu’il cherche au plus dur de toi
Une source ?

3. Mendiant sans force,
Mains tendues vers Dieu,
Sais-tu
Qu’il aime au plus creux de toi
La faiblesse ?

4. Voleur de grâce,
Affamé de Dieu,
Sais-tu
Qu’il met au plus fou de toi
Le partage ?

5. Joueur de flûte,
Amoureux de Dieu,
Sais-tu
Qu’il est au plus sien de toi
La prière ?

Quelques indications pour la prière

AVANT

Choisir : le lieu (un lieu tranquille, « habité » – une icône, une Bible…), un moment dans la journée (à noter éventuellement dans votre agenda) et la durée (20’, 1/2h…) … et vous tenir à ce que vous avez décidé !

Lire le texte avec lequel vous allez prier.

PENDANT

Commencer par se disposer physiquement (la position du corps) et intérieurement (me tourner vers le Seigneur, dans le silence ; peut-être lui demander la grâce de me disposer à être tout à son écoute).

Faire mémoire du texte, son contexte, le lieu où il se passe… et demander une grâce : demander ce que je désire, à la lumière du texte avec lequel je vais méditer.

Suivre les points proposés, en m’arrêtant là où j’ai du goût, là où je suis rejoint…

A la fin de ma prière, parler à Dieu « comme un ami à son ami ou un serviteur à son maître » de ce qui m’habite, ce qui s’est éclairé, ce qui reste en question…

APRÈS

Noter l’une ou l’autre chose de ce que j’ai vécu dans la prière : ce qui m’a aidé, ce qui a été difficile ; les sentiments (joie, tristesse, paix, ennui…) ; les goûts, les lumières, les résistances ; telle parole qui a résonné fortement…

Cet exercice de relecture aide à reconnaître ce qui s’est passé dans la prière et à progresser peu à peu, à être attentif à la manière dont Dieu me conduit.

Retrouvez une proposition de méditation pour chaque dimanche de l’Avent.
Ensemble, allons à la rencontre de Celui qui vient habiter notre monde.

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2020-11-26T16:26:16+01:00Activités|
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