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20 décembre 2020 – 4eme dimanche de l’avent

«Voici que tu vas concevoir et enfanter un fils » (Lc 1, 26-38)

En ce temps-là, l’ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée, appelée Nazareth, à une jeune fille vierge, accordée en mariage à un homme de la maison de David, appelé Joseph ; et le nom de la jeune fille était Marie. L’ange entra chez elle et dit : « Je te salue, Comblée-de-grâce, le Seigneur est avec toi. » À cette parole, elle fut toute bouleversée, et elle se demandait ce que pouvait signifier cette salutation.

L’ange lui dit alors : « Sois sans crainte, Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu. Voici que tu vas concevoir et enfanter un fils ; tu lui donneras le nom de Jésus. Il sera grand, il sera appelé Fils du Très-Haut ; le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père ; il régnera pour toujours sur la maison de Jacob, et son règne n’aura pas de fin. »

Marie dit à l’ange : « Comment cela va-t-il se faire, puisque je ne connais pas d’homme ? »

L’ange lui répondit : « L’Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre ; c’est pourquoi celui qui va naître sera saint, il sera appelé Fils de Dieu. Or voici que, dans sa vieillesse, Élisabeth, ta parente, a conçu, elle aussi, un fils et en est à son sixième mois, alors qu’on l’appelait la femme stérile. Car rien n’est impossible à Dieu. »

Marie dit alors : « Voici la servante du Seigneur ; que tout m’advienne selon ta parole. »

Alors l’ange la quitta.

La Madeleine aux 2 flammes Georges de La Tour

Un mot sur l’artiste et son œuvre

Jean-Marie Pirot – Arcabas, (1926 / 2018) est peintre et sculpteur reconnu en France et à l’étranger, notamment en art sacré. Il décora de nombreuses églises en France. Son œuvre figurative et hautement colorée puise directement à la source biblique.

« Avant tout, j’ai la foi. Et puisque j’ai la foi, qui n’est pas une conquête définitive, je lis chaque jour l’Évangile et la Bible avec une très grande joie. (…) Pour moi, l’Évangile est un reportage de la veille. Ce qui signifie qu’il est présent. (…) Le regard de l’Évangile traverse le mien » (Arcabas).

Il a effectué également divers travaux pour le gouvernement français et des collectivités locales (mosaïques, fresques, vitraux), mais son œuvre monumentale principale est l’Ensemble d’art sacré contemporain de l’église de Saint-Hugues de Chartreuse, commencé en 1953 et terminé en 1986. Sa dernière réalisation : les 24 vitraux de la basilique du Sacré-Cœur de Grenoble, sur le thème de la Création, inaugurés en mars 2016.

Sources : http://www.arcabas.com/biographie/index.php
Arcabas, L’enfance du Christ, Cerf, 2002

Méditation à partir du « l’annonce faite à Marie »

***En fin de document, vous trouverez quelques indications de méthode pour la prière**

L’Annonciation, c’est le jour du « Dieu des surprises » qui change le destin de l’homme : il s’agit du  « moment décisif de l’histoire, le plus révolutionnaire (…) C’est une situation fébrile, tout change, l’histoire se renverse. (…) Quand nous professons la foi à Noël ou à l’Annonciation, pour dire ce mystère nous nous mettons à genoux. (…) C’est le moment qui change tout (…) : Dieu s’abaisse, Dieu entre dans l’histoire et il le fait avec son style original : une surprise. Le Dieu des surprises nous surprend (encore) une fois. »
Pape François, homélie du 20 décembre 2018 (Extraits

En ce temps-là, l’ange Gabriel fut envoyé par Dieu … L’ange entra chez Marie et dit : « Je te salue… »
Dieu nous visite

Marie tient en sa main les Écritures. Elle lit, elle médite le récit de l’Alliance ; avec tout Israël, elle attend l’accomplissement de la promesse, la venue du Messie tant espéré. Elle ignore qu’elle va concevoir en son sein cette Parole qui se donne à elle ; elle ignore que par elle, Dieu accomplira la promesse faite à Abraham et à sa descendance.

En ce temps-là, dans le temps qui est le nôtre, dans le temps qui est le mien, tu viens Seigneur ; je ne sais pas à l’avance la manière dont tu entreras dans mon quotidien, dans l’espace de mon cœur, mais tu viens

Donne-moi un cœur disponible et ouvert, attentif à l’accomplissement de ta promesse de Vie pour moi, pour le monde.

L’ange lui dit : « Je te salue, Comblée-de-grâce, le Seigneur est avec toi. » À cette parole, elle fut toute bouleversée, et elle se demandait ce que pouvait signifier cette salutation.

Le Seigneur est avec toi ; il te comble de grâce

Marie est rejointe par le souffle, la voix de l’ange qui fait irruption dans sa vie. Surprise, son regard se détourne du livre, mais la Parole demeure en son oreille. Étonnée, elle reste paisible : bouleversée, oui, mais pas inquiète. Car l’ange, irradiant de feu, se fait proche, dans une attitude de grand respect : malgré sa taille imposante, il est comme en retrait, laissant toute la place à celle qu’il visite de la part du Seigneur. Humble, il se met à sa hauteur. Son regard (son « double regard », comme Arcabas aime à les peindre) la saisit de l’intérieur, la rejoint dans l’intime de son attente. Simplement, elle se demande ce que cette salutation signifie : elle est là, en éveil.

 Tu te fais proche Seigneur, humblement, respectueusement.

Ta présence n’est pas immédiate. Elle se découvre dans le souffle d’une brise légère, dans le silence d’une nuit sans lune, dans le rire d’un enfant, dans la résonnance intérieure d’une parole… Un mouvement en moi, de paix, de confiance, d’indicible joie…    

Dans mon quotidien, suis-je à l’écoute de ces mouvements qui sont trace de ta venue Seigneur, de ta présence, de ta parole pour moi aujourd’hui ?

Qu’est-ce-qui me tient en éveil ? Dans le mouvement du quotidien et dans la durée des jours…

– « Voici que tu vas concevoir et enfanter un fils… »

– « Comment cela va-t-il se faire ? … »

– « L’Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre… »

Entre Marie et l’ange, un chemin

Marie est accordée en mariage à un homme de la maison de David, appelé Joseph. Elle a sans doute des projets avec Joseph, et commencé à poser les jalons de cet avenir en route, comme peuvent le suggérer les faïences du carrelage qui dessinent un chemin. Bien ancrée sur ce sol, l’ombre de son assise rejoint celle qui prolonge le chemin qui fait un avec le vêtement de l’ange. Les deux ombres se réunissent pour dessiner comme une serrure qui ouvre l’horizon : une porte étroite mais grande ouverte vers un devenir lumineux : rouge comme la vie et le don de soi, oranger comme la lumière du soleil qui resplendit.

 Je peux présenter au Seigneur les projets qui ont jalonné ma vie. Ceux qui, pas à pas, ont grandi et se sont concrétisés ; ceux qui n’ont pas trouvé d’issue ; ceux qui ont été bousculés par une rencontre, un événement…

Comment ai-je vécu ce cheminement, ce pas à pas, ces bifurcations plus ou moins choisies, plus ou moins réussies, plus ou moins lumineuses ?

Marie a interrogé. Comment ai-je fait appel au Seigneur tout au long de ce chemin ? Comment ai-je écouté, accueilli sa parole ?

Marie dit alors : « Voici la servante du Seigneur ; que tout m’advienne selon ta parole. »

Un oui remis

La présence de Marie est simple et franche, sans artifice. Son regard questionne, comme sa main qui semble dire « moi ? mais comment ? ». Bien que mêlée de surprise, son attitude révèle un consentement profond, entier. Son visage semble dire sa volonté de suivre le Seigneur, dans l’élan d’une joie nouvelle qui naît.

 Marie consent. Elle « établit sa demeure dans le vouloir du Père ». 

Tout en elle est paisible. Pourtant, c’est un impossible qui lui est promis, demandé. Mais cet impossible la touche dans son humanité, et dans son attente. Alors, oui, elle consent, car elle entend, au plus profond d’elle-même, un accord entre cette invitation et sa liberté. Et voici que sa parente, Elisabeth, a conçu, elle aussi, un fils et en est à son sixième mois, alors qu’on l’appelait la femme stérile. Son oui vient du plus intime d’elle-même, mais il est aussi ouvert aux signes de l’œuvre de Dieu en l’autre.

A quoi Seigneur ai-je dis oui dans ma vie ? Qu’est-ce-qui les a suscités, portés, confirmés ?

Ce(s) oui remis, ils sont miens, ils sont tiens. Fais-les grandir !

Alors l’ange la quitta.

Le chemin est devant, avec toi Seigneur

La Parole est adressée dans un souffle : elle donne vie ; elle est à vivre, dans l’ordinaire des jours. Cet ordinaire, Arcabas l’a signifié à travers la grande sobriété du décor : un simple carrelage !

Marie, confiante et sereine, ancrée dans la Parole entendue et accueillie, poussée par son oui remis, continuera son chemin, jour après jour, simplement, profondément.

Bientôt, elle chantera son Magnificat, reconnaissant l’œuvre de Dieu en elle.

 Reconnaître l’œuvre de Dieu.
Y consentir, m’y donner et y grandir.
Chanter à Dieu mon Magnificat !
Ou implorer la force de sa présence pour m’ouvrir au souffle qui donne vie.
Tu es avec moi Seigneur. Donne-moi de marcher jour après jour en ta présence.

Deux chants pour accompagner cette méditation

Chant 1

Comme va l’espérance
Fr. David – En Calcat / Philippe Robert

Comme va l’espérance
Sans crainte de l’hiver,
Ouvrant des sillons sur la terre,
L’homme attend le jour où tu viendras !
Comme va l’âme aimante
En un trop long désert,
Il découvre la nuit,
La nuit qui t’enfantera…

De l’enfant qui tressaille
Il perçoit la lueur,
La joie aux approches de l’heure ;
Que sera le jour où tu viendras ?

Au sommet des murailles
Se tiennent les guetteurs :
Ils ne voient que la nuit,
La nuit qui t’enfantera…

L’horizon immobile
Voudrait te retenir
Là-bas, où la mer se retire :
Lieu caché, le lieu où tu viendras !
Dans la ville captive
Le Roi va revenir,
Et du sein de la nuit
La Vierge t’enfantera…

Chant 2

Voici l’aurore avant le jour
CFC (s. Marie-Pierre) ©CNPL

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Voici l’aurore avant le jour,
Voici la mère virginale,
La femme promise au début des âges.
Elle a bâti sa demeure
Dans les vouloirs du Père.

Aucune peur, aucun refus,
Ne vient troubler l’œuvre de grâce,
Son cœur est rempli d’ineffable attente.
Elle offre à Dieu le silence
Où la Parole habite.

Sous le regard qui lui répond,
Les temps nouveaux tressaillent en elle,
L’avent mystérieux du Royaume à naître.
L’Esprit la prend sous son ombre
Et doucement la garde.

Voici l’épouse inépousée,
Marie, servante et souveraine,
Qui porte en secret le salut du monde.
Le sang du Christ la rachète
Mais elle en est la source.

Quelques indications pour la prière

AVANT

Choisir : le lieu (un lieu tranquille, « habité » – une icône, une Bible…), un moment dans la journée (à noter éventuellement dans votre agenda) et la durée (20’, 1/2h…) … et vous tenir à ce que vous avez décidé !

Lire le texte avec lequel vous allez prier.

PENDANT

Commencer par se disposer physiquement (la position du corps) et intérieurement (me tourner vers le Seigneur, dans le silence ; peut-être lui demander la grâce de me disposer à être tout à son écoute).

Faire mémoire du texte, son contexte, le lieu où il se passe… et demander une grâce : demander ce que je désire, à la lumière du texte avec lequel je vais méditer.

Suivre les points proposés, en m’arrêtant là où j’ai du goût, là où je suis rejoint…

A la fin de ma prière, parler à Dieu « comme un ami à son ami ou un serviteur à son maître » de ce qui m’habite, ce qui s’est éclairé, ce qui reste en question…

APRÈS

Noter l’une ou l’autre chose de ce que j’ai vécu dans la prière : ce qui m’a aidé, ce qui a été difficile ; les sentiments (joie, tristesse, paix, ennui…) ; les goûts, les lumières, les résistances ; telle parole qui a résonné fortement…

Cet exercice de relecture aide à reconnaître ce qui s’est passé dans la prière et à progresser peu à peu, à être attentif à la manière dont Dieu me conduit.

Retrouvez une proposition de méditation pour chaque dimanche de l’Avent.
Ensemble, allons à la rencontre de Celui qui vient habiter notre monde.

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2020-12-08T15:15:25+01:00Activités|
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