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08 décembre 2020 – 3eme dimanche de l’avent

« Au milieu de vous se tient celui que vous ne connaissez pas »

 (Jn 1, 6-8.19-28)

Il y eut un homme envoyé par Dieu ; son nom était Jean. Il est venu comme témoin, pour rendre témoignage à la Lumière, afin que tous croient par lui. Cet homme n’était pas la Lumière, mais il était là pour rendre témoignage à la Lumière. Voici le témoignage de Jean, quand les Juifs lui envoyèrent de Jérusalem des prêtres et des lévites pour lui demander : « Qui es-tu ? »

Il ne refusa pas de répondre, il déclara ouvertement : « Je ne suis pas le Christ. »

Ils lui demandèrent : « Alors qu’en est-il ? Es-tu le prophète Élie ? »

Il répondit : « Je ne le suis pas.

– Es-tu le Prophète annoncé ? »

Il répondit : « Non. »

Alors ils lui dirent : « Qui es-tu ? Il faut que nous donnions une réponse à ceux qui nous ont envoyés. Que dis-tu sur toi-même ? »

Il répondit : « Je suis la voix de celui qui crie dans le désert : Redressez le chemin du Seigneur, comme a dit le prophète Isaïe. »

Or, ils avaient été envoyés de la part des pharisiens. Ils lui posèrent encore cette question :

« Pourquoi donc baptises-tu, si tu n’es ni le Christ, ni Élie, ni le Prophète ? »

Jean leur répondit : « Moi, je baptise dans l’eau. Mais au milieu de vous se tient celui que vous ne connaissez pas ; c’est lui qui vient derrière moi, et je ne suis pas digne de délier la courroie de sa sandale. » Cela s’est passé à Béthanie, de l’autre côté du Jourdain, à l’endroit où Jean baptisait.

La Madeleine aux 2 flammes Georges de La Tour

Un mot sur la cathédrale et sur le portail nord

La cathédrale Notre-Dame de Chartres est l’un des monuments emblématiques de l’architecture gothique : en effet, elle est traditionnellement considérée comme la cathédrale gothique la plus représentative, la plus complète et la mieux conservée de France par ses sculptures, vitraux et dallage pour la plupart d’origine, bien qu’elle soit construite avec les techniques de l’architecture romane, montrant ainsi la continuité et non la rupture entre ces deux types d’architecture. L’actuelle cathédrale, de style gothique dit « classique », a été construite au début du XIIIème siècle sur les ruines d’une précédente cathédrale romane, détruite lors d’un incendie en 1194. Grand lieu de pèlerinage, elle domine la ville de Chartres et la plaine de la Beauce, se dévoilant au regard à plus de dix kilomètres de distance.

Elle est classée monument historique et inscrite au patrimoine mondial par l’UNESCO.

Le portail nord est celui de « l’Alliance de Dieu avec l’Humanité ». La tonalité est prophétique : la promesse que représente la venue du Messie est tour à tour annoncée, dévoilée et accomplie. Dans les ébrasements, dix personnages bibliques annoncent le Christ Sauveur : Melchisédech, Abraham, Moïse, Aaron, David, à gauche ; Isaïe, Jérémie, Siméon, Jean Baptiste et Pierre, à droite. Si on adopte une lecture cursive, de gauche à droite, ils permettent de retracer les différentes étapes de la révélation – dans un ordre parfaitement chronologique.

Sources : https://fr.wikipedia.org/wiki/Cath%C3%A9drale_Notre-Dame_de_Chartres / http://www.cathedrale-chartres.org/fr/le-portail-nord-,article-228.html

Méditation à partir du « Jean-Baptiste de Chartres »

***En fin de document, vous trouverez quelques indications de méthode pour la prière**

Jean était la voix, mais le Seigneur au commencement était la Parole. Jean, une voix pour un temps ; le Christ, la Parole au commencement, la Parole éternelle. Enlève la parole, qu’est-ce que la voix ? Là où il n’y a rien à comprendre, c’est une sonorité vide. La voix sans la parole frappe l’oreille, elle n’édifie pas le cœur. (…) Il est difficile de distinguer la parole de la voix, et c’est pourquoi on a pris Jean pour le Christ. On a pris la voix pour la parole ; mais la voix s’est fait connaître afin de ne pas faire obstacle à la parole. Je ne suis pas le Messie, ni Elie, ni le Prophète. On lui réplique : Qui es-tu donc ? Il répond : Je suis la voix qui crie à travers le désert : Préparez la route pour le Seigneur. La voix qui crie à travers le désert, c’est la voix qui rompt le silence. Préparez la route pour le Seigneur, cela revient à dire : Moi, je retentis pour faire entrer le Seigneur dans le cœur ; mais il ne daignera pas y venir, si vous ne préparez pas la route. Que signifie : Préparez la route, sinon : Priez comme il faut ? Que signifie : Préparez la route, sinon : Ayez d’humbles pensées ? Jean vous donne un exemple d’humilité. On le prend pour le Messie, il affirme qu’il n’est pas ce qu’on pense, et il ne profite pas de l’erreur d’autrui pour se faire valoir. S’il avait dit : Je suis le Messie, on l’aurait cru très facilement, puisqu’on le croyait avant même qu’il ne parle. Il l’a nié : il s’est fait connaitre, il s’est défini, il s’est abaissé. Il a vu où se trouvait le salut. Il a compris qu’il n’était que la lampe, et il a craint qu’elle ne soit éteinte par le vent de l’orgueil.

Extrait du sermon 293 de Saint Augustin, pour la nativité de Jean-Baptiste

« Il y eut un homme envoyé par Dieu ; son nom était Jean. »

Appelé par son nom, envoyé…

Jean prend place dans l’histoire de l’Alliance, dans l’histoire du Salut, à la suite d’Abraham, Moïse, David, Isaïe, Jérémie, Siméon… Le portail nous le montre dans le mouvement de cette histoire, mouvement dans lequel nous sommes invités à entrer à notre tour, par la foi et par notre réponse à l’appel personnel qui nous est adressé.

 Me voici Seigneur, heureux de prendre place dans cette histoire d’Alliance, dans ce mouvement qui me tourne du côté de la Vie reçue, donnée, transmise.
Je te demande la grâce de ne pas oublier que tu es la Source de ma vie, le Souffle de mes pas, l’horizon de ma route…

« Il n’était pas la Lumière, mais il était là pour rendre témoignage à la Lumière.»

Jean porte et rend témoignage à la Lumière.

Jean, le plus grand des enfants des hommes (cf. Mt 11, 11) : de toute sa hauteur, son être est centré sur l’Agneau qu’il porte. Entre lui et l’Agneau, une auréole : le lieu de contact entre Jean et Celui qu’il désigne est la lumière irradiante de cette auréole dont l’Agneau est le centre. Cette Lumière, inscrite au plus intime de lui-même, ordonne son agir, guide ses paroles.

 « Ta Parole est la lumière de mes pas, la lampe de ma route » (Ps 118, 105).
Quelles paroles ont été lumière pour moi ?
Comment ont-elles guidé mes choix, ma manière de vivre ?
Comment sont-elles source de Vie en abondance en moi ?

 « Ils lui dirent : « Qui es-tu ? … Que dis-tu sur toi-même ?»

Etre, tout simplement.

Jean, « qui es-tu ? »

Le sculpteur a magnifiquement représenté la complexité, la profondeur de son identité :

. Il se dresse de toute sa hauteur – il est le Précurseur, le plus grand des prophètes ; mais il est vêtu d’une simple tunique de peau de bête, ses pieds sont nus, le creux de ses joues disent sa vie ascétique.

. Sa bouche est entrouverte, prête à parler, voire à haranguer les foules ; elle est pourtant comme en suspens, elle retient son souffle, elle écoute avant de parler.

. La douceur de son regard, l’inclinaison de son visage, renforcent l’impression d’une écoute entière, d’une disponibilité aimante.

Le regarder ainsi fait naître un sentiment de grande paix. Sa présence est réconfortante, apaisante, dans sa force et sa simplicité, dans sa grandeur et son humilité.

 « Il suffit d’être et vous vous entendrez rendre la grâce d’être et de bénir » pouvons-nous chanter (cf. chant proposé page suivante).
Etre tout simplement, véritablement, sans artifice, sans fausse humilité.
Etre par Celui qui me donne la Vie.
Comment cela résonne en moi : en consonance ? en dissonance ? comme un appel ? comme un désir ? comme un chemin ouvert ?…

« Au milieu de vous se tient celui que vous ne connaissez pas »

Tu es là, Seigneur.

Jean, par sa présence, par son attitude, par la paix qu’il dégage, attire notre regard.

Mais, si nous le regardons vraiment, si nous l’écoutons, nos yeux se tourneront vers Celui qu’il porte sur son cœur, Celui qu’il montre de sa main : l’Agneau de Dieu, Celui qui se tient au milieu de nous…

Entre Jean et l’Agneau, il y a la Lumière, mais aussi la Croix, signe de Son amour jusqu’au bout. Oui, Celui qui vient derrière lui est plus grand que lui : il est le Christ Sauveur.                       

Seigneur, tu viens.
Tu viens dans le monde, dans ma vie.
Tu te tiens là, « en humble place ».
Comment ne pas me laisser toucher, attirer par ta présence ?
Comment ne pas t’accueillir sans crainte ?
Comment ne pas désirer te connaitre toujours davantage ?
Comment ne pas te dire tout ce qui habite mon cœur, dans la confiance que tu m’écoutes ?
Avec toi, Seigneur Jésus, je me tourne vers Notre Père… 

Deux chants pour accompagner cette méditation

Chant 1

En toute vie le silence dit Dieu
Patrice de La Tour du Pin — CNPL

En toute vie le silence dit Dieu,
Tout ce qui est tressaille d’être à lui !
Soyez la voix du silence en travail,
Couvez la vie, c’est elle qui loue Dieu !

Pas un seul mot, et pourtant c’est son Nom
Que tout sécrète et presse de chanter :
N’avez-vous pas un monde immense en vous ?
Soyez son cri, et vous aurez tout dit.

Il suffit d’être, et vous vous entendrez
Rendre la grâce d’être et de bénir ;
Vous serez pris dans l’hymne d’univers,
Vous avez tout en vous pour adorer.

Car vous avez l’hiver et le printemps,
Vous êtes l’arbre en sommeil et en fleurs ;
Jouez pour Dieu des branches et du vent,
Jouez pour Dieu des racines cachées.

Arbres humains, jouez de vos oiseaux,
Jouez pour Lui des étoiles du ciel
Qui sans parole expriment la clarté ;
Jouez aussi des anges qui voient Dieu.

Chant 2

Lumière pour l’homme aujourd’hui
T : Didier Rimaud / M : Jo Akepsimas

Voir la vidéo
  1. Lumière pour l’homme aujourd’hui
    Qui viens depuis que sur la terre,
    Il est un pauvre qui t’espère,
    Atteins jusqu’à l’aveugle en moi :
    Touche mes yeux afin qu’ils voient de quel amour tu ma poursuis
    Comment savoir d’où vient le jour, si je ne reconnais ma nuit.
  1. Parole de Dieu dans ma chair,
    Qui dis le monde et son histoire,
    Afin que l’homme puisse croire,
    Suscite une réponse en moi :
    Ouvre ma bouche à cette voix qui retentit dans le désert,
    Comment savoir quel mot tu dis, si je ne tiens mon cœur ouvert.
  1. Semence éternelle en mon corps
    Vivante en moi plus que moi-même
    Depuis le temps de mon baptême
    Féconde mes terrains nouveaux :
    Germe dans l’ombre de mes os, car je ne suis que cendre encore,
    Comment savoir quelle est ta vie, si je n’accepte pas ma mort.

Quelques indications pour la prière

AVANT

Choisir : le lieu (un lieu tranquille, « habité » – une icône, une Bible…), un moment dans la journée (à noter éventuellement dans votre agenda) et la durée (20’, 1/2h…) … et vous tenir à ce que vous avez décidé !

Lire le texte avec lequel vous allez prier.

PENDANT

Commencer par se disposer physiquement (la position du corps) et intérieurement (me tourner vers le Seigneur, dans le silence ; peut-être lui demander la grâce de me disposer à être tout à son écoute).

Faire mémoire du texte, son contexte, le lieu où il se passe… et demander une grâce : demander ce que je désire, à la lumière du texte avec lequel je vais méditer.

Suivre les points proposés, en m’arrêtant là où j’ai du goût, là où je suis rejoint…

A la fin de ma prière, parler à Dieu « comme un ami à son ami ou un serviteur à son maître » de ce qui m’habite, ce qui s’est éclairé, ce qui reste en question…

APRÈS

Noter l’une ou l’autre chose de ce que j’ai vécu dans la prière : ce qui m’a aidé, ce qui a été difficile ; les sentiments (joie, tristesse, paix, ennui…) ; les goûts, les lumières, les résistances ; telle parole qui a résonné fortement…

Cet exercice de relecture aide à reconnaître ce qui s’est passé dans la prière et à progresser peu à peu, à être attentif à la manière dont Dieu me conduit.

Retrouvez une proposition de méditation pour chaque dimanche de l’Avent.
Ensemble, allons à la rencontre de Celui qui vient habiter notre monde.

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2020-12-04T15:52:59+01:00Activités|
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